Croisade contre l'ostéoporose

Après 50 ans, une femme sur trois doit s'attendre à souffrir d'ostéoporose. Cette maladie du squelette désigne une déperdition de la masse osseuse due à une carence en oestrogènes dans l'organisme au moment de la ménopause. Ce processus de fragilisation débute dès les premiers cycles irréguliers et s'accélère à l'arrêt définitif des menstruations.

Les hommes sont également touchés par l'ostéoporose (un sur sept), mais dans une moindre mesure.

Devant l'ampleur de ce problème de santé publique, l'Association suisse contre l'ostéoporose et l'Organisation de patientes «Donna mobile» ont mis sur pied une campagne d'information nationale. Le bus «Ostéoporose info» sillonnera trente et une villes suisses et démarre sa tournée romande le 5 juin prochain.

Les conséquences d'une baisse de la densité osseuse? Une diminution de la taille (jusqu'à dix centimètres), due au tassement des vertèbres, des douleurs dorsales et, à terme, des fractures du poignet, du bras et du col du fémur. Souvent synonyme de souffrances et de handicap, cette dernière fracture pèse également lourd dans le budget de la santé.

Pour des raisons génétiques, le capital osseux varie d'un individu à un autre. Mais si l'hérédité a largement son mot à dire dans l'apparition de l'ostéoporose, d'autres facteurs de risque sont également dénombrables.

Pour savoir si l'on fait partie des patient(e)s qui auraient besoin d'un coup de pouce pour stabiliser leur masse osseuse, on peut recourir à un examen diagnostic, fiable et indolore: la densitométrie. Son remboursement est cependant soumis à des indications assez strictes. Résultat, il est pratiqué chez des femmes qui sont déjà atteintes de la maladie. Cherchez l'erreur...

«Pour améliorer la prévention, les indications à la densitométrie devraient être élargies, estime le professeur Peter Burckardt, du Chuv. On contribuerait peut-être à diminuer le prix de cet examen.»

En attendant un changement de politique, la recherche se tourne vers des techniques de dépistage plus simples et meilleures marché. L'échographie de l'os du talon pourrait bien répondre à cet objectif: elle permet de dépister la population à risque nécessitant une densitométrie.

Plusieurs traitements efficaces contre l'ostéoporose sont déjà disponibles aujourd'hui. Le rôle à la fois préventif et thérapeutique de l'hormothérapie de substitution ne fait pas de doute. Pourtant, seulement 20% des femmes la choisissent.

Récemment mis sur le marché, les bisphosphonates ont le vent en poupe. Ces molécules offrent une alternative tout aussi valable que les hormones, sans toutefois traiter les autres troubles liés à la ménopause, comme le risque de maladie cardiovasculaire.

La calcitonine est encore un médicament efficace et d'autant plus intéressant qu'il est dépourvu d'effets secondaires. Des études sont en cours pour prouver son rôle préventif dans la survenue des fractures.

Enfin, le bon vieux fluor se montre très doué pour augmenter la densité des os des vertèbres, surtout lorsqu'il est associé à un traitement hormonal. Une solution viendra peut-être des Etats-Unis où sont testés des dérivés d'oestrogènes qui n'augmenteraient pas les risques de cancer du sein.

 

contrôlez votre risque

En tête des facteurs de risque d'ostéoporose: la présence de la maladie dans la famille et une ménopause précoce (avant 46 ans).

Autres éléments défavorables: une alimentation pauvre en produits laitiers, une longue période d'immobilisation, le tabagisme, un excès d'alcool ainsi que la prise à long terme de médicaments à base de cortisone.

Enfin, la maigreur est à éviter dans la mesure où la masse musculaire et osseuse est directement corrélée au poids.