Déjouer le mélanome malin

 

Durant cette dernière décennie, les pays industrialisés ont connu et connaissent encore une forte croissance des cancers de la peau, dont le redouté mélanome malin.

La probabilité de développer un mélanome chez les personnes nées en 1930 est de un sur mille cinq cents, alors qu'elle est de un sur cent pour celles nées en 1990. Les enfants sont donc en première ligne. Il s'agit absolument de les protéger et de réduire leur temps d'exposition au soleil.

 

Autres chiffres accablants: le nombre de ces tumeurs malignes croit actuellement de 5% par an. Ce qui porte à environ mille nouveaux cas par an en Suisse. Et un patient sur cinq décède des conséquences du mélanome.

Le plus inquiétant? Entre le moment où une personne constate une lésion suspecte et le rendez-vous chez le médecin, il s'écoule en moyenne un an. Un décalage qui peut s'avérer fatal. «C'est terrible car durant ces précieux mois, le pronostic peut s'assombrir», déplore le Dr Joachim Krischer, responsable de la consultation des mélanomes aux hôpitaux universitaires de Genève.

Si tout le monde est concerné par le mélanome, il existe toutefois des groupes à risque. Citons les individus à peau claire, les personnes dont un parent a eu un mélanome malin, les adultes ayant plus d'une trentaine de grains de beauté (naevus) sur le corps ou dont les naevus dépassent cinq millimètres de diamètre.

A noter que plus d'un mélanome sur deux apparaît sur une peau saine, sans lésion ou naevus préalable. Les autres cas de figure concernent des grains de beauté qui «tournent mal».

Si le mélanome est le plus dangereux des cancers cutanés, il est aussi le plus repérable pour qui prend la peine de se regarder, y compris le dos.

Cette tumeur se développe surtout sur les zones fortement exposées au soleil. A savoir le tronc, le visage, les bras et les jambes.

Son évolution? Généralement, le mélanome s'étend, dans un premier temps, à la surface de la peau comme une tache d'huile. C'est à ce moment-là qu'il faut consulter, car le pronostic est alors très bon. Ensuite, il se propage en profondeur et peut faire des métastases.

«Une tache brune ou noire acquise après 40-50 ans ou encore un grain de beauté qui change sont à montrer afin d'écarter tout risque de malignité», recommande Joachim Krischer.

La question du diagnostic précoce des mélanomes est essentielle. En effet, la mortalité est directement liée à l'épaisseur de la tumeur, laquelle progresse avec le temps.

Le pronostic dépend du stade auquel le mélanome est pris. Celui-ci est excellent pour les mélanomes à extension superficielle, s'ils sont montrés tôt. Ils sont aussi les plus fréquents. Le taux de survie est en revanche moins bon pour les tumeurs diagnostiquées tardivement ainsi que pour les mélanomes nodulaires (à croissance verticale).

Une fois le diagnostic établi, il n'y a pas de temps à perdre.

Le traitement débute toujours par une excision du mélanome. Après avoir analysé la tumeur et mesuré son épaisseur, on intervient à nouveau en prenant une marge de sécurité. En présence de métastases, une intervention chirurgicale, une chimiothérapie ou une radiothérapie peuvent être nécessaires.

L'avenir? Devant l'ampleur du problème de santé publique posé par ce cancer, les pistes thérapeutiques se multiplient. L'immunothérapie est l'une d'entre elles et fait actuellement l'objet de tests. L'idée est de vacciner les personnes atteintes de métastases, afin de renforcer leur immunité contre leur propre mélanome.