La santé est-elle dans notre assiette?

Pas une semaine ne passe sans qu'une nouvelle étude mette en avant les vertus anticancéreuses de tel ou tel aliment. Mais les découvertes d'un jour sont souvent remises en question dans les dix ans qui suivent...

A l'image du bêta-carotène, une des formes actives de la vitamine A, dont on attendait des miracles. Une grande étude américaine a démontré, au contraire, que dans le groupe auquel on avait donné des pilules de bêta-carotène, il y avait eu, contre toute attente, davantage de cancers et de décès chez les fumeurs...

Inutile donc de se gaver de carottes ou de potiron et encore moins de se supplémenter en carotène. L'affaire est assez sérieuse pour que l'OMS déconseille officiellement la promotion des comprimés de caroténoïdes. Selon elle, «prévenir le cancer par la consommation de fruits et légumes frais reste plus efficace que la prise d'un ou plusieurs de leurs composants sous forme d'un apport complémentaire».

En 2017, la recommandation est donc de manger varié pour couvrir nos besoins en vitamines et minéraux. En outre, dans l'état actuel des connaissances, rien ne justifie, pour une personne en bonne santé, de prendre des doses au-dessus des apports recommandés. Le recours à des compléments alimentaires est toutefois envisageable pour des groupes à risque de carence comme les fumeurs, les alcooliques ou les malades chroniques.

«A l'état naturel, aucun aliment n'est cancérigène, rappelle le Dr Claude Pichard, responsable diététique et nutrition clinique de l'Hôpital cantonal de Genève. Ce sont certaines modifications apportées à la nourriture qui lui donnent un caractère pouvant favoriser le cancer.»

Exemple de mauvais traitement: le mode de cuisson. On sait que les viandes grillées, même sans ajouter de gras, se chargent en substances nocives. Mieux vaut préférer les viandes mijotées à basses températures ou cuites à la vapeur.

En dix mille ans, le contenu de notre assiette a évolué de manière spectaculaire, alors que notre corps en est resté à peu près à la préhistoire. On peut dès lors se demander si notre organisme peut supporter de tels changements auxquels s'ajoutent le tabac, l'alcool, la pollution...

Pour éviter d'additionner les toxiques, il paraît donc logique de composer nos menus à base de produits les plus naturels et les plus frais possibles.

 

Anti-oxydants protecteurs

Exit les menus tout brocoli ou tout kiwi! «Aucun légume ou fruit n'a une action de protection ou de traitement contre le cancer», précise d'emblée Claude Pichard. La clé réside dans la variété. La quantité journalière conseillée est d'au moins trois portions de fruits ou de légumes, dont deux crus.

Les fruits et les légumes recèlent des propriétés susceptibles de limiter les risques de cancer. D'abord, la présence de fibres, en abondance également dans les céréales complètes, exerce un effet mécanique en augmentant le transit des matières dans le corps. Réduisant du coup le temps de contact entre un produit toxique et l'organisme.

Ensuite, ce sont de grands pourvoyeurs de vitamines (A, B, C) dont l'action anti-oxydante participe à la protection tumorale.

Quant à la vitamine E, aussi connue pour ses effets anti-oxydants, on la trouve surtout dans les huiles végétales non chauffées. Celles-ci offrent un intérêt lorsqu'elles sont utilisées à la place des graisses animales qui peuvent avoir une action favorisant le cancer. Préférez donc l'huile de tournesol qui résiste mieux à la cuisson.

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