Les jeunes ont été répartis en 3 groupes selon leur consommation quotidienne de petit écran à l'adolescence

Une consommation excessive de télévision pendant l'adolescence favorise les comportements violents. Telles sont les conclusions d'une étude américaine menée pendant 17 ans sur plus de 700 jeunes. La télévision tient une place croissante dans notre vie en général, et dans celle des jeunes en particulier. Inévitable sujet de société, elle apparaît ainsi au coeur de travaux qui s'intéressent notamment à l'influence des programmes violents sur le comportement. Cette nouvelle étude américaine se différencie pourtant des précédentes. En effet, elle est la première à prendre simplement en compte le temps passé devant le petit écran et à suivre de nombreux sujets pendant plusieurs années. Menée par une équipe de psychologues de l'université de Columbia et de l'Institut psychiatrique de l'Etat de New York, elle met en évidence les effets à long terme d'une surconsommation de télévision. Leurs conclusions ont été publiées dans la revue américaine Science En quoi consiste cette étude ? L'équipe de Jeffrey Johnson a porté sur 707 adolescents de 2 comtés de l'Etat de New York. Ces jeunes ont été suivis sur une période de 17 ans allant de l'adolescence jusqu'à l'âge adulte : l'âge moyen du groupe de jeunes étudiés était de 16 ans en 1985-1986 et de 30 ans en 2000. Les données ont été recceuillies au moyen d'entretiens approfondis, de questionnaires détaillés, mais aussi en ayant accès aux fichiers de la police de l'Etat et du FBI. Les violences comptabilisées ont été les suivantes : agressions, bagarres avec blessures, vols, menaces, utilisation d'armes. Quels résultats ? Les jeunes ont été répartis en 3 groupes selon leur consommation quotidienne de petit écran à l'adolescence, soit : moins d'1 heure de TV par jour, entre 1 et 3 heures, plus de 3 heures. Les résultats sont éloquents. En premier lieu, l'étude montre clairement que plus les jeunes regardent la télé, plus ils sont agressifs : 5,7 % des adolescents qui passaient moins d'1 heure quotidienne devant la télévision ont été impliqués dans des actes violents entre 16 et 22 ans. Ces taux atteignent 22,5 % chez ceux qui la regardaient entre 1 et 3 heures et 28,8 % parmi ceux dont la consommation journalière excédait 3 heures. Autrement dit, le taux de violence était multiplié par 5 entre moins d'une heure et plus de trois heures de petit écran quotidien. Autre conclusion de cette étude : l'effet est plus marqué chez les garçons. Ils étaient 8,9 % à avoir commis des actes agressifs parmi ceux qui regardaient la télé moins d'1 heure à l'adolescence, 32,5 % pour 1 à 3 heures et 45,2 % au-delà de 3 heures. En revanche, chez les filles, les taux s'établissaient respectivement à 2,3 %, 11,8 % et 12,7 %. Enfin, les chercheurs se sont également intéressés aux jeunes adultes. Avec la même méthodologie, ils ont mis en parallèle la consommation télévisuelle à 22 ans et le risque de commettre des actes agressifs avant 30 ans. Au total, 7,2 % de ceux qui regardaient la télé moins d'1 heure par jour ont été impliqués dans des actes violents. Les taux étaient de 9 % pour 1 à 3 heures de télé, et de 17,8 % au-delà de 3 heures de TV quotidienne. A noter : la population étudiée comprenait 91 % de Blancs et 54 % de catholiques. Par ailleurs, les auteurs de l'étude ont vérifié que l'accroissement de la violence corrélée à une forte consommation de télé se produisait à la fois chez les personnes déjà impliquées dans des incidents violents mais aussi chez celles qui n'avaient pas ce type d'antécédents.

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