Problèmes d'hémorroïdes ?‎

Les hémorroïdes sont des dilatations variqueuses des veines situées à l'intérieur du rectum et/ou autour de l'anus. Souvent bénignes, elles apparaissent en principe à l'âge adulte. Et assez régulièrement chez la femme enceinte. Plus d'un Français sur deux en est victime.

Facteurs de risque

L'hérédité joue un rôle certain dans l'apparition d'hémorroïdes. L'obésité accroît les risques et, d'une manière générale, toute pression de l'abdomen sur ce système veineux (femmes enceintes). Mais la sédentarité, le fait de rester assis de longues heures sans bouger favorisent aussi le phénomène. Des troubles répétés du transit intestinal, constipation ou diarrhée, peuvent, à la longue, entraîner une crise hémorroïdaire comme l'abus de laxatifs. Une alimentation riche en épices et/ou en alcool est à éviter si l'on est fragile.
Certaines professions seraient particulièrement exposées : cyclistes, jockeys, chauffeurs routiers, pilotes d'avion.
Manifestations

Qu'elles soient internes ou externes, les hémorroïdes se manifestent par des douleurs, des saignements et des inflammations provoquant comme des petites boules. Les hémorroïdes externes sont visibles à l'oeil nu, elles entraînent une gêne permanente, indépendante des selles et empêchent souvent la position assise. Dans le cas de complications, on constate une boule de plus ou moins grande importance, de couleur bleutée, dure au toucher et qui correspond à la thrombose hémorroïdaire (caillot de sang). Il n'y a aucun risque d'embolie avec cette thrombose. Souvent, un saignement de sang rouge se produit soulageant le malade. En quelques jours, ces symptômes disparaissent, mais on peut en garder des séquelles à savoir un repli cutané, appelé la "marisque".

Les hémorroïdes internes se manifestent par des douleurs anales et des hémorragies plus ou moins abondantes de sang rouge (rectorragies) qui enrobent les selles ou les suivent. Le patient doit de toute urgence consulter pour éliminer d'autres causes. Ces hémorroïdes internes peuvent aussi, à l'occasion des selles, sortir du canal anal : ce phénomène se nomme la procidence hémorroï daire. Il peut y avoir thrombose hémorroïdaire interne. La douleur vous amènera alors à consulter soit un généraliste, soit un proctologue ou un gastro-entérologue.
Traitement et évolution

Grâce au toucher rectal, à l'anuscopie et/ou à la rectoscopie, examens qui permettront de visualiser la partie anale et le rectum, le médecin éliminera d'autres causes (tumeurs du rectum notamment). Une fois le diagnostic posé, il pourra associer des veinotoniques à haute dose pendant quatre jours, des anti-inflammatoires et des traitements locaux (crèmes ou suppositoires) visant à calmer la douleur et à réaliser un pansement antiseptique et cicatrisant. Dans le même temps, il vous recommandera d'éviter les épices et les boissons alcoolisées. Lorsque les crises se font fréquentes et entraînent un véritable handicap pour la vie courante, le médecin peut proposer différentes techniques.
Elles sont évidemment pratiquées en dehors des crises et le plus souvent à l'hôpital : injection de produits sclérosants, cryothérapie (application de froid pour nécroser les tissus hémorroïdaires), ligatures élastiques (cette technique consiste à ligaturer le "paquet hémorroïdaire" à l'aide d'un anneau élastique. Quelques jours après, les tissus se nécrosent et tombent).

En cas d'échec de ces techniques, et surtout si les hémorroïdes sont volumineuses, on pratique une intervention chirurgicale, l'hémorroïdectomie. C'est l'ablation pure et simple qui se pratique le plus souvent sous anesthésie générale. Elle donne de bons résultats mais nécessite une surveillance stricte du transit et des soins intensifs pour faciliter la cicatrisation qui demande trois à quatre semaines.
Prévention

La prévention repose surtout sur des règles hygiéno-diététiques. Il faut savoir que tout excès favorise l'apparition d'hémorroïdes. Abus d'alcool et d'épices, on l'a déjà dit mais aussi la trop bonne chère et la sédentarité associées. Les efforts violents pour aller à la selle en cas de constipation , l'abus de laxatifs, etc. sont à proscrire. Il vaut mieux demander à votre médecin de régulariser votre transit.

N'utilisez pas pour l'essuyage du papier hygiénique trop irritant. Et si vous avez des démangeaisons, préférez, pour vous nettoyer, du coton ou des lingettes imbibées de produits adoucissants. Si les hémorroïdes sont dues à la grossesse, ne vous inquiétez pas, tout rentrera dans l'ordre dès que bébé sera né.
Questions

J'ai des hémorroïdes et n'ose pas aller consulter un médecin. Je me contente donc de crèmes vendues en pharmacie, mais mes hémorroïdes reviennent toujours. Et je souffre plus qu'avant. Qu'en pensez-vous ?
Beaucoup de patients souffrant de cette maladie sont comme vous et n'osent pas consulter. C'est un tort. Le médecin est là pour vous aider à parler de tous vos problèmes de santé, et à les résoudre. Lui seul pourra vous dire de quelle technique, médicamenteuse ou chirurgicale, vous relevez et il pourra vous soulager. Il n'y a aucune honte à avoir.

On doit prochainement m'enlever les hémorroïdes. Tout le monde me dit que je vais beaucoup souffrir. Qu'en est-il exactement ?
L'opération est bénigne mais doit être réalisée par un bon spécialiste (proctologue ou chirurgien digestif). Les suites sont effectivement un peu douloureuses. Mais tout dépend de la longueur de la cicatrisation. Et les soins locaux sont assez contraignants. En général, tout rentre dans l'ordre au bout de quatre à cinq semaines.